Dessine-moi la philo

Dessine-moi la philo

Nono

Éditions Dialogues

  • 10 août 2012

    Comment commencer, aborder la philosophie ?

    Au rayon des introductions à la philosophie, dans lequel vous pensez ne trouver que les mêmes inventaires à la Prévert de la philosophie, cet ouvrage se distingue de ses voisins par une approche ludique, mêlant intelligemment textes et dessins.

    Et qui, mieux qu’un professeur, pour introduire à la philosophie avec pédagogie, synthèse et humour ?

    C’est ce triple parti pris, dessin, point de vue didactique et drôle, que défend Nono au travers d’une anthologie subjective des grands philosophes, de l’Antiquité à nos jours) et des idées philosophiques.


    Sa méthode est simple : Nono associe thèses fondamentales (le cogito, la maïeutique, les noumènes ou encore la dialectique) et anecdotes (on apprend que les parents de Montesquieu lui avait choisi pour parrain un mendiant, afin qu’il garde en mémoire toute sa vie que les pauvres sont ses frères ou encore que Marx avait pour beau-frère le très répressif et très bourgeois ministre de l’intérieur de Prusse).

    L’auteur breton, démythifie avec malice les grands auteurs : Hobbes est un artisan « du contrat de
    confiance », Tocqueville chante « L’amérique, je veux l’avoir, et je l’aurai », Socrate et l’inspecteur Colombo sont assimilés, Kant passe la religion et la métaphysique au kärcher, Hegel et sa dialectique du maître et de l’esclave sont illustrés par une bataille pour un transat, Schopenhauer est réduit au pousse-au-crime neurasthénique, Freud un obsédé sexuel.

    On entend souvent dire que la philosophie est réservée aux philosophes. Le mérite de Nono, en soi
    en tour de force, est de tordre le cou à l’idée que la philosophie est compliquée, ampoulée, élitiste, bref incapable de se mettre à la portée de tous. Cet ouvrage ne saurait bien sûr faire le tour de la philosophie, mais il permet de s’y plonger de manière décomplexée, permettant aux lecteurs d’aller plus loin par eux-mêmes.


  • 28 février 2012

    Un atout indéniable pour devenir un as en philo avec humour !

    Tout d' abord ce petit livre m'a questionnée...cela commençait bien pour un livre évoquant la philosophie , non ?

    Comment expliquer la philo par le biais de la bande dessinée ?En réalité ce n'est pas vraiment ce qui est fait dans ce livre , ce que j'avais imaginé au préalable, c'est davantage des dessins humoristiques très amusants qui sont des rappels en image de ce que l'auteur explique par écrit. C'est réalisé avec souvent autant d'humour que d'érudition et précisions à travers la succession de petits chapitres sur chacun des philosophes de l'antiquité à nos jours.

    Nono est le pseudo d'un professeur de philosophie doublé d'un très bon dessinateur caricaturiste ...heureux étudiants et lycéens qui ont eu la grande chance de le trouver sur leur chemin !

    Ce petit livre est une histoire illustrée de la philosophie , qui, en un peu plus de 100 pages réussit l'exploit de nous instruire de façon précise mais ludique . Loin du cours magistral , ce sont des bons points d'ancrage aux grands courants philosophiques qui sont expliqués ainsi qu'une image souvent juste des philosophes qui sont croqués par l'image mais aussi par le texte de façon humoristique ce qui permet d'en conserver la substance première en mémoire d'une manière très efficace.

    Je conseille ce livret à tous les lycéens qui débutent la philosophie en 1ère en initiation mais aussi aux bacheliers qui auront là des fiches efficaces sur chacun des philosophes.

    L'auteur réussit le tour de force de permettre aux étudiants de découvrir ces philosophes sous des traits familiers , de dédramatiser la philosophie , de la rendre plus abordable , plus populaire moins élitiste...de ne pas en avoir peur mais de donner l'envie de « jouer » avec elle , de s'approprier certaines idées pour peut être créer son propre ressenti. A ce propos , le ressenti de Nono est également présent dans cette présentation , difficile d'être complètement objectif dans cette grande histoire de la philosophie ..il écorne Onfray à propos de son opinion sur Freud (que je partage plutôt, Freud ayant trop mis de « lui même » dans ses observations ), mais aussi nos philosophes contemporains (les plus médiatisés ) ; j'aurai aimé également y trouver des philosophes des années 2000 mais étrangers , n'y en a-t-il aucun ?


    Un livre édité aux éditions Dialogues avec encore une fois une belle qualité de papier dans la couverture , ici elle est glacée et le papier intérieur dans la même norme. Petit format qui permet de le glisser facilement dans un sac d'étudiant en balade , l'idéal!


  • 19 février 2012

    Beauvoir ???

    La lecture de ce livre est franchement agréable. Je ne peux me placer que dans la perspective de quelqu'un qui a de petites notions de philosophie : cela sert de rappel bref et ludique et permet de replacer assez efficacement les philosophes dans leur courant de pensée.
    En revanche, je me demande si la concision de la présentation de certaines pensées permet réellement à un néophyte de comprendre quoi que ce soit... Je donne l'exemple du texte sur Spinoza, la dernière phrase est : "indépendance et nécessité : deux termes qui caractérisent Spinoza". C'est un peu lapidaire. Il y a également beaucoup de références culturelles dans les illustrations, pas sûre qu'un ado en comprenne la moitié.
    Mais cela vaut certainement le coup de le présenter à des gens qui n'ont jamais fait de philo, cela reste beaucoup moins rébarbatif que beaucoup d'anthologies de textes philosophiques ou de dictionnaires de concepts. En effet, les illustrations sont franchement drôles (celle de la Pythie...), le texte est écrit de manière alerte.
    J'ai un seul véritable grief et cela explique le titre de mon post : il y a déjà peu de femmes dans l'histoire de la philosophie alors pourquoi ne pas leur faire une petite place, bien au chaud? Je m'étonne d'ailleurs que les commentaires sur ce livre mentionnent Beauvoir alors qu'elle n'apparaît précisément pas (sauf dans une illustration qui se rapporte à son bandeau, pas hyper intéressant). L'auteur ne prétend pas à l'exhaustivité, il le dit lui-même, mais on sent bien qu'il a quand même essayé d'y tendre (jusqu'à nos jours). Si ce livre est éducatif alors il y manque un élément fondamental du XXe siècle : l'apparition des femmes dans le cercle très fermé de la philosophie...


  • "Dessine-moi la philo", l'histoire illustrée de la philosophie de Nono, regroupe les portraits de 33 philosophes, de l'antiquité à nos jours. Ou comment tout savoir brièvement (d'une à quatre pages) sur Socrate, Machiavel, Schopenhauer, Descartes, Kant, Marx, Freud, Bergson, Sartre, Simone de Beauvoir... Les notions essentielles et incontournables de la philosophie occidentale y sont traitées malicieusement, dessins humoristiques à l'appui. Un recueil instructif, loin d'être suffisant pour un lycéen qui s'apprête à passer les épreuves du bac mais vraiment intéressant pour celui qui souhaiterait s'initier à la philosophie ou tout simplement (re)découvrir les principaux "penseurs" des siècles passés.


  • 12 décembre 2011

    DE SOCRATE A BEAUVOIR

    Je vais juste commencer par un bémol. Une seule page, la 72, est réservée à Schopenhauer, là où Kant et Rousseau, en prennent 4 chacun. Jean-Jacques, je ne dis pas, mais le double pour Emmanuel (que je déteste) face à Arthur que j’idolâtre = déception. Nonobstant cette rogne de lecteur capricieux, les 110 pages de Dessine-moi la philo sont extraordinaires de justesse et d’intelligence accessible à tous, grands et moins grands. J’ai même décidé d’offrir le livre à ma nièce de 13 ans. La philo viendra plus tard mais au moins aura-t-elle le temps d’absorber quelques notions essentielles.

    Le livre est divisé en 9 parties : L’antiquité grecque, le moyen-âge, la Renaissance, les XVII, XVIII, XIX & XXème siècle, la philo fin de siècle et celle des femmes. En tout, 34 courtes biographies personnifiées ou thématiques, regroupant l’essentiel de la philosophie occidentale. Malice et espièglerie, lit-on sur la dernière de couv., c’est mieux que ça, je propose : facétie et grosse rigolade, doublé d’un remarquable tour de force, parce que résumer l’oeuvre d’Arthur Schopenhauer (j’y reviens) en 12 courtes lignes bien tournées et deux caricatures assez justes : chapeau Nono !… Egalement pour m’avoir fait découvrir John Locke, précurseur anglais des Lumières, et redécouvrir Wittgenstein, peu connu en France mais très célèbre en Allemagne où je réside. Un cadeau intelligent pour moins de 15 €. Ah oui !… J’allais oublier, page 42, la caricature consacrée à Spinoza (qui n’est pas un bandit Corse !) est à pleurer.