Sarkozy, ses balivernes et ses fanfaronnades
EAN13
9782213643564
ISBN
978-2-213-64356-4
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
DOCUMENTS
Nombre de pages
356
Dimensions
23 x 15 x 0 cm
Poids
430 g
Langue
français
Code dewey
320.944

Sarkozy, ses balivernes et ses fanfaronnades

De

Fayard

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Monsieur le Président,

Non, contrairement à ce que vous pensez, l'agitation dans tous les sens, la fébrilité permanente, les gesticulations les plus désordonnées, les coups de menton par-ci, les roulements de tambour par-là n'ont jamais constitué une politique ni permis de régler le moindre problème.

Il ne faut pas confondre l'art de gouverner avec les métiers du cirque, la gestion d'une crise – a fortiori si elle est mondiale – avec ceux du music-hall, et la scène internationale avec les tréteaux d'une foire à Neu-neu où un bateleur, grimé en clown, s'adresse à la foule des badauds.

Comme l'a dit Giscard : « La crise a été aggravée par l'incompétence et l'agitation. » Il faisait allusion à votre incompétence et à votre agitation. Alain Juppé, toujours plus réservé, susurrait quant à lui : « Ça part un peu dans tous les sens, parfois ça donne le vertige. » Et Jean Peyrelevade, qui s'y connaît, ajoutait : « Le capitaine tout puissant de l'équipe au pouvoir est, en matière économique, un amateur qui croit être un pro. »

Ce n'est pas en vous démenant comme un pauvre diable, en faisant n'importe quoi – tout et son contraire – et en essayant sans cesse de tirer la couverture à vous, que vous allez entrer dans l'Histoire et sauver la planète.

De Gaulle affirmait : « L'Histoire est triste. » C'est sûrement vrai. En tous les cas, en ce moment, elle n'a rien de très folichon. Mais ce qui est sûr, c'est que l'Histoire est sérieuse. Elle déteste les hâbleurs, les vantards, les bonimenteurs, les bluffeurs, les faiseurs ; et elle est sans pitié avec eux.

Depuis des mois, nous vous voyons à longueur de journée, de l'aube au crépuscule, et même parfois la nuit, gigoter sur tous les écrans de télévision, sur toutes les tribunes internationales, dans toutes les réunions de chefs d'État, sur tous les continents et jusque dans la moindre de nos sous-préfectures.

Partout, comme un cabri sautillant sur son tabouret, vous annoncez des plans de ceci, des plans de cela, des plans de sauvetage, des plans de relance, des plans de soutien, même des plans de paix, et toujours des plans de n'importe quoi.

Chaque jour, comme un camelot des Grands Boulevards, vous nous sortez de votre chapeau pointu une nouvelle recette de perlimpinpin, un nouveau remède miracle pour sauver les banques, l'épargne, l'économie, l'emploi, la France, les Français, l'Europe, la Méditerranée, la Guadeloupe, les départements d'outre-mer, l'univers. Ce n'est plus Sarko, c'est carrément Zorro !

Au cours des derniers mois, et alors que la crise économique commençait à faire ses ravages à travers le monde et notamment en France, vous nous avez déclaré que vous alliez sauver la Géorgie, le Liban, le Darfour, l'Afghanistan, Gaza et même le Nord-Kivu, arrêtant par votre seule (bonne) volonté et par un plan judicieux que vous auriez su élaborer, ici, les troupes russes, là, les querelles libanaises, là, les milices soudanaises, là, les Taliban, ailleurs les chars israéliens et plus loin encore les rebelles congolais soutenus par le Rwanda..., ce qui, selon vous, ne vous empêcherait pas, bien sûr, de sauver l'économie française en imposant vos idées à l'Europe, à l'Amérique, à la planète entière.

Mieux encore, partout et chaque jour, vous distribuez à la volée des milliards et des milliards. À tout le monde, aux banques, aux grandes entreprises, aux PME, aux constructeurs automobiles, aux entreprises du bâtiment, aux agriculteurs, aux ménages, aux jeunes, aux pauvres. Et parfois même aux Palestiniens ou aux pays miséreux d'Afrique. C'est Crésus dans la caverne d'Ali Baba.

Au hasard, en à peine deux mois de l'automne dernier, et pour nous limiter à la crise économique, vous avez annoncé :

Le 3 octobre 2008, un milliard d'euros pour sauver le groupe franco-belge Dexia ;

Le 11 octobre, 5 milliards d'euros pour acheter 30 000 logements dont la construction n'avait pas pu démarrer, faute de preneurs ;

Le 12 octobre, 20 milliards d'euros pour les PME ;

Le 13 octobre, 40 milliards d'euros pour la recapitalisation des banques et... 320 milliards d'euros pour la garantie interbancaire ;

Le 20 novembre, 20 milliards d'euros pour les entreprises menacées par des investisseurs étrangers et/ou ayant un intérêt stratégique ;

Le 2 décembre, 200 millions d'euros pour aider les constructeurs automobiles en créant une nouvelle prime à la casse ;

Le 4 décembre, 26 milliards d'euros pour un Plan de soutien à l'activité (plan qui reprenait d'ailleurs certaines mesures déjà annoncées) ; etc.

En quelques semaines, dans l'affolement le plus complet et une incohérence totale, pour tenter de faire face à la crise économique, vous avez claqué plus de 400 milliards d'euros. Quand on voit aujourd'hui les résultats, ça fait cher l'effet de manches et l'ouverture du journal télévisé de 20 heures !
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