Théorie critique de la propagande
EAN13
9782735126910
ISBN
978-2-7351-2691-0
Éditeur
Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris
Date de publication
Collection
Bibliothèque allemande
Nombre de pages
288
Dimensions
16,2 cm
Poids
500 g
Langue
français
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La publication en 2013 d'une version reconstruite du texte de Kracauer _Die
totalitäre Propaganda_ (1937-1938) a renouvelé la perception que l’on pouvait
avoir de cette dimension de son œuvre et de son apport à une « théorie
critique de la propagande ». La réflexion sur la propagande s’inscrit dans le
contexte plus vaste de l’élaboration par les exilés allemands, au tournant des
années 1930-1940, d’une grille de lecture du national-socialisme, vu comme une
pathologie de la modernité, ainsi que dans celui des grands projets de
recherches américains sur la propagande nazie (auxquels Adorno et Kracauer ont
été associés). Au sein de la nébuleuse de la « Théorie critique » Kracauer
exprime, comme Benjamin, un point de vue à certains égards dissonant. À
rebours d’une approche qui insiste surtout sur la continuité entre capitalisme
et nazisme, il se montre particulièrement sensible à la séduction esthétique
du fascisme, et à sa mise en scène d’une réalité de substitution, qui est
selon lui l’expression d’une fuite en avant nihiliste: ses analyses concrètes
ne portent pas tant sur les contenus du message que sur le langage même de la
propagande, et la vision de la société et de l’histoire qu’elle véhicule, dans
sa forme même. Le débat complexe qui se développe à cette époque entre Adorno,
Benjamin et Kracauer met notamment en œuvre les catégories de « fétichisme »
(Adorno), de « fantasmagorie » et d’« esthétisation du politique » (Benjamin),
d’« apparence » et de « pseudo-réalité » (Kracauer). Il présente en premier
lieu un intérêt historique, en tant que l’analyse du nazisme constitue pour le
projet d’une théorie critique une mise à l’épreuve, qui suscite de vifs débats
internes et aboutit chez Adorno et Horkheimer, dans la _Dialectique de la
raison_ (1944-1947), à une reformulation de ce projet. Mais dans un contexte
aujourd’hui bien différent, les thèmes qui sont débattus entre ces
protagonistes, comme celui de la dérive autoritaire du libéralisme, des
manipulations de masse, de la construction médiatique du réel n’ont rien perdu
de leur actualité.
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