Album de Croÿ - volume 23, Comté d'Artois VII
EAN13
9782871931577
ISBN
978-2-87193-157-7
Éditeur
Presses Universitaires du Septentrion
Date de publication
Collection
ALBUM DE CROY
Dimensions
25 x 0 cm
Poids
3068 g
Langue
français

Album de Croÿ - volume 23

Comté d'Artois VII

Presses Universitaires du Septentrion

Album De Croy

Indisponible
Un des témoignages les plus marquants pour la connaissance topographique des
villes et villages des anciens Pays-Bas espagnols au tournant des XVIe et
XVIIe siècles est sans nul doute l'admirable collection des " albums " du duc
Charles de Croÿ, riche d'environ 2 500 vues cavalières, dont la découverte et
la révélation au public scientifique s'est échelonnée sur vingt-cinq ans, de
1956 à 1981.
Charles de Croÿ appartient à l'une de ces grandes familles qui, sous les ducs
de Bourgogne et les rois d'Espagne, jouèrent un rôle considérable dans la vie
politique et économique des Pays-Bas. Il naquit au château de Beaumont le 1er
juillet 1560, fils de Philippe, troisième duc d'Arschot, et de Jeanne, dame de
Comines et de Halluin. Le 3 septembre 1580, il épousa la veuve de Lancelotde
Berlaymont, Marie de Brimeu, une riche héritière picarde,calviniste et de dix
ans son aînée. Celle-ci exerça sur son jeune mari une telle influence qu'il
renonça à la foi catholique et abandonna la cause du roi d'Espagne. Episode
bref, puisque dès 1585, après s'être séparé de sa femme, il abjurait et
revenait à l'Eglise catholique. Il prit part par la suite à de nombreuses
expéditions militaires et assuma plusieurs fonctions importantes, comme on le
verra.
A la mort de son père en 1595, Charles se trouva en possession de tous les
domaines de la maison de Croÿ. A la principauté de Chimay reçue lors de son
mariage en 1580, au patrimoine de la maison de Comines-Halluin dont il hérita
au décès de sa mère en 1581 vinrent s'ajouter le duché d'Arschot, la
principauté de Château-Porcient, les comtés de Beaumont et de Seninghem, les
seigneuries d'Avesnes, Lillers, Quiévrain, Esclaibes, Beveren, les franches
terres de Fumay et Revin, etc. Il régna sur ces domaines comme un prince sur
ses Etats: pour les administrer, il disposait d'un conseil et d'une chambre
des comptes.
Huit mois après le décès de Marie de Brimeu (dont il vivait séparé depuis 1584
mais dont il géra les biens jusqu'en 1599), il épousa en décembre 1605 sa
cousine germaine, Dorothée de Croÿ, fille aînée du duc d'Havré. A partir de ce
moment, Charles de Croÿ se retira des affairespubliques pour se consacrer
presque exclusivement à la gestion de ses domaines et à l'accroissement de ses
collections.
Charles de Croÿ mourut en son château natal le 12 juin 1612.Sa veuve lui
survivra cinquante ans. Décédé sans postérité légitime, ses biens allèrent à
la famille d'Arenberg.
Ce noble fastueux, au sommet de la fortune au jour de la mort de son père en
1595, est un collectionneur averti: tableaux, manuscrits, monnaies et
médailles s'accumulent dans ses résidences favorites, les châteaux de Beaumont
et d'Heverlee. Charles de Croÿ, qui mène grand train, est aussi un méticuleux:
on le voit par exemple annoter de sa main chacune des dizaines de milliers de
pièces d'archives que sa famille a accumulées au fil des siècles. Et c'est
sans doute cet état d'esprit du collectionneur averti et du gestionnaire
minutieux qui a présidé à la genèse de sa fameuse collection d'albums.
Le cheminement de l'idée et du projet a été établi il y a peu. Déjà en 1590,
il fait dresser un cartulaire des cens et rentes des terres de Comines et
Halluin qu'il avait recueillies au décès de sa mère. Il en avait fait de même,
vers la même époque, pour la principauté de Chimay qu'il avait reçue lors de
son mariage en 1580. Ces " cartulaires ", en réalité de véritables atlas,
comportaient de très nombreux plans coloriés, à la manière d'un cadastre. Ces
recueils contenaient aussi quelques vues cavalières des châteaux et villages.
Mais il s'agissait avant tout de documents d'administration. L'idée lui vint
alors de faire reproduire ces plans cadastraux non plus sur papier comme ils
l'étaient dans les cartulaires, mais sur parchemin et d'y adjoindre, en
correspondance avec ces plans, la vue de chacune des localités, peinte à la
gouache à la manière d'un petit tableau. L'ensemble fut réalisé en 1596-1598.
Il constitue deux gros volumes conservés encore aujourd'hui dans la famille de
Croÿ: l'un couvre les biens situés en Hainaut, l'autre ceux gisant en Brabant,
Flandre, Namurois, Artois et Picardie.
Débordant alors le cadre de ses terres patrimoniales (dont il complète le
relevé en 1607 pour la région de Château-Porcien et Montcornet), Chales de
Croÿ entreprit la " description "des provinces dans lesquelles il exerçait une
haute fonction. La principauté qui a évidemment d'abord retenu l'attention de
Charles de Croÿ, c'est celle où il est né, où il a l'essentiel de ses biens et
dans laquelle il exerce depuis 1593 ses fonctionsde lieutenant, gouverneur,
capitaine général et grand bailli: le Hainaut (cinq albums entre 1598 et
1602), qu'il complète par Tournai et le Tournaisis (un album en 1602). Après
sa province natale, c'est le pays de sa mère qui retient l'attention du duc:
en 1603,l'album de la châtellenie de Lille, Douai, Orchies est réalisé,
province dont Charles de Croÿ est l'un des seigneurs haut justiciers en raison
de la possession de la seigneurie de Comines. Il faut deux années, 1604 et
1605, pour couvrir le comté de Namur. En 1605-1611 enfin, c'est au tour du
comté d'Artois, dont le duc fut gouverneur et capitaine général à partir de
1597.
Enfin, il fit peindre en 1608-1609 toutes les localités riveraines de la
Sambre, de la Lys, de la Scarpe et de l'Escaut, quatre cours d'eauqui
traversaient ces principautés.
Charles de Croÿ conservait cette magnifique collection de 2 500 vues peintes
sur de grands folios de parchemin et répartis en vingt-trois volumes ou
ensembles dans sa " librairie " de la Tour Sainte-Barbe à Beaumont. Il en
feuilletait les volumes et en vérifiait l'exactitude, comme en témoignent
certaines annotations de sa main. A son décès, les Albums furent inventoriés
et, l'annéesuivante, expédiés à Bruxelles pour être mis envente publique,
laquelle eut lieu le 19 août 1614. C'est alors que commença la dispersion.
Quelques volumes restèrent entre les mains de la famille, les autres furent
acquis par des bibliophiles qui, à leur tour, les vendirent à d'autres
amateurs; ceux-ci en modifièrent parfois l'ordonnance et même en dépecèrent
quelques-uns. Aujourd'hui, on en a retrouvé la presque totalité, dispersés
dans différents pays: Belgique, France, Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie;
quelques feuillets épars ont été repérés en Allemagne, en France et jusqu'aux
Etats-Unis.
Le duc Charles avait confié la direction de l'oeuvre à unpeintre
valenciennois: Adrien de Montigny. Son nom figure en tête de nombreux volumes
et dans certains cartouches. On ne lui connaît pasd'autres oeuvres que les
Albums, hormis une représentation du château d'Heverlee sur parchemin, faite
pour Charles de Croÿ. Il semble qu'il fut au service exclusif du duc.
Le travail qui lui fut confié, en effet, était énorme. Il devait parcourir
toutes les régions que son maître voulait voir figurer dans sa collection, et
dresser sur papier un croquis colorié de chaque ville, village, château,
abbaye et couvent. Il voyageait à la bonne saison, se réservant l'hiver pour
reproduire en atelier son modèle sur parchemin, non sans l'enjoliver parfois
au gré de sa fantaisie. Il était sans doute aidé dans ce travail par des
collaborateurs qui essayaient tant bien que mal d'imiter leur maître.
Pour donner une allure somptueuse à ces tableautins, on les encadrait d'un
décor fait soit de fleurons formés de volutes or ou argent, soit d'ornements
architecturaux, soit encore de fleurs, de fruits, d'oiseaux ou d'animaux
domestiques.
En attentant la publication d'une série d'études qui clôturera l'édition de
l'ensemble des Albums et qui fera le tour des problèmes qu'ils posent, il faut
se reporter à un ensembled'articles.
Au terme de cette brève note de présentation des Albums et de celui qui en
prit l'initiative, je voudrais remercier tous ceux qui ont apporté leurs
concours scientifique à ce projet monumental d'édition et dont les noms
figurent dans ce volume. J'adresse un témoignage particulier de gratitude à
Daniel Misonne, de l'Abbaye de Maredsous, avec qui j'échangeai une première
correspondance à propos de ces Albums en 1965, qui a mis à ma disposition ses
notes e...
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