H‚lŠne Boucher, la fianc‚e de l'air, la fiancée de l'air
EAN13
9782841875238
ISBN
978-2-84187-523-8
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
RECITS, TEMOIGN
Nombre de pages
388
Dimensions
24 x 15 x 0 cm
Poids
544 g
Langue
français
Code dewey
629.13

H‚lŠne Boucher, la fianc‚e de l'air

la fiancée de l'air

De

Archipel

Recits, Temoign

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DU MÊME AUTEUR

Dassault, Douglas, Boeing et les autres, Jean Picollec, 1979.

Les Métiers de l'aéronautique, Marcel Valtat, 1982.

Il était une foi : Mermoz, Jean Picollec, 1986 ; rééd. 2001.

Le Dernier Vol de Guynemer, Acropole, 1991.

Les Aviatrices, L'Archipel, 1993.

Histoire de l'aviation, Flammarion, 1997 ; rééd. 2001.

Jean Mermoz, défricheur du ciel (correspondance 1921-1936, établie et présentée par Bernard Marck), L'Archipel, 2001.

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eISBN 978-2-8098-1538-2

Copyright © L'Archipel, 2003.

À mes chers parents
À Grégory, Cécilia, Dorian et Corentin
À Hugo, l'unique

Prologue

Novembre 1980.

La photographie tremblait légèrement entre les doigts parcheminés. Le vieux monsieur eut un sourire triste. Le visage, sur le cliché jauni par les années, ne perdait rien de sa grâce. Resplendissant de santé et de confiance, il semblait lui faire un signe, lui lancer un regard de défi par-delà les années. Le vieux monsieur ressentit un pincement au cœur. Comme tant de fois, il retourna la photo et lut la dédicace qu'il connaissait par cœur : « À monsieur Riffard, avec toute mon affection. Sa petite fille. Hélène. »

Marcel Riffard, sans doute l'un des plus grands ingénieurs aéronautiques, éprouva alors une émotion qui lui arracha deux grosses larmes.

La petite, la « Jeune Fille de France », comme toute la nation l'avait baptisée, il l'aimait bien, à la façon de sa propre fille. Il la respectait pour sa détermination. Il l'admirait surtout pour sa simplicité.

Son regard se voila. Sa tête s'inclina sur le dossier du grand fauteuil où il passait maintenant le plus clair de son temps, entre le songe de son passé et une réalité qui ne le concernait plus vraiment. Il attendait l'éternité sans crainte, pourvu qu'elle le rapprochât de ses chers fantômes. Il était bien. Il rêvait sa vie...

Introduction

Tout la prédisposait à devenir un mythe moderne : la beauté, alliée à la générosité et à la modestie, une vie courte et transparente, un réel talent d'aviatrice, un destin tragique.

On la disait volontaire, obstinée, passionnée. On la découvre fragile, tendre, gentille, attachante. Une fille que l'on aimerait serrer dans ses bras. Elle incarne l'amoureuse idéale avec sa silhouette agréable, ses yeux clairs, sa chevelure dorée, sa peau douce, sa bouche sensuelle et sa franchise naturelle. Elle a échappé aux contingences et aux bonheurs simples – mariage, enfants – de la vie quotidienne pour entrer dans le livre d'or des héroïnes épargnées par l'érosion des années, mais condamnées à gagner encore et toujours, jusque par-delà la mort. Dans la véritable jungle qu'était déjà l'aviation, avec ses prédateurs et ses courtisans prêts à toutes les bassesses pour se faire remarquer, elle n'utilisa aucun subterfuge pour arriver au sommet, mais se plia sans broncher à une discipline de fer. Elle ne se fit toutefois jamais à la rivalité ambiante, dont elle taisait l'âpreté, de sorte que le public ne soupçonna pas ses souffrances. Elle avait compris qu'il valait mieux se dépasser soi-même – et le prouva brillamment – plutôt que de chercher à seulement surpasser les autres – ce qu'elle fit également. Peut-être, pendant sa brève existence, fut-elle habitée par ce doute salutaire qui conduit à se remettre continuellement en question. Hélène Boucher ne cessa de s'interroger sur le sens de son expérience et de son entreprise, surtout à l'époque trépidante de ses records de vitesse. Il est vrai que son entourage professionnel, constitué de quelques-uns des plus grands pilotes, tels André Maillet, Adrienne Bolland, Paul Codos, Michel Détroyat ou Raymond Delmotte, et d'ingénieurs parmi les meilleurs, sut la guider sur la voie rapide de la gloire, lui faisant néanmoins remarquer que confiance rime avec prudence, quand bien même on est pressé d'arriver au sommet de son art. Hélène apprit vite, servie par un don peu commun et une volonté qui jamais ne se relâcha.

La suite ?

Dans la France des Années folles surgit une aviatrice non seulement belle, mais douée, très vive et dotée d'un solide appétit de gagner, preuve que la persévérance paie et que la chance existe. Encore gamine et impétueuse, géniale et résolue, celle que ses compatriotes allaient comparer à Jeanne d'Arc deviendra bientôt la « Jeune Fille de France ». Un titre non usurpé. Référence des aviatrices, Hélène Boucher demeure néanmoins une jeune fille avec ses contradictions, ses certitudes, ses rêves, ses peines, ses espoirs...

Certaines vies donnent l'impression de s'étirer ou de n'être qu'un surplace permanent ; quelques vies sont animées par un élan ; d'autres sont l'élan ! D'où la délicate mission du biographe, chargé de saisir cet essor au moment opportun. Dans le cas d'Hélène Boucher, l'exercice relève de la haute voltige – discipline où elle excellait.

Peut-on cependant confiner un océan dans une bouteille ? enfermer un destin dans un livre ? Nathalie Sarraute invitait à se méfier des interprétations : « Tout ce qui est dit sur nous presque toujours nous surprend et, généralement, c'est faux parce qu'autre chose de tout à fait opposé apparaît qui est vrai aussi1. » Une grande prudence s'impose lorsqu'il s'agit de restituer des sentiments, lorsque, à la manière d'un archéologue dans une tombe inviolée, l'écrivain se glisse avec mille précautions – et avec respect – dans une vie intérieure pour découvrir cette part d'infini que chacun porte en soi. Que sait-on réellement des joies et des drames qui affleurent, fugitifs, à la surface de la conscience ? Hélène Boucher s'est inscrite dans l'Histoire comme une fille de l'air téméraire, comme l'une des gloires de la France. Mais que sait-on de la femme ?

Certes, les éléments ne manquent pas pour en brosser le portrait, à commencer par cette caractéristique évidente du personnage : une énergie débordante. Gamine, elle se montre avide de capter la nouveauté de chaque instant. Gamine encore, elle veut brûler les étapes, foncer vers l'âge adulte qui lui paraît celui de l'accomplissement. Adolescente, elle se démène d'abord pour voler – ce qui tient déjà de l'exploit –, puis pour s'imposer face aux champions de l'époque. Pionnière, elle se lance tôt dans une aventure périlleuse qu'elle mène avec une fougue persistante et contenue. La compétition avec les autres se transforme en une compétition avec elle-même. Elle semble bientôt ne plus vivre que pour une idée fixe : la vitesse et la perfection. Comme tous les grands, elle était inimitable, unique. L'avion fut son révélateur, son « outil », aurait dit Saint-Exupéry. Reste à savoir si cette passion qui, au début de cette carrière fulgurante, ressemblait fort à une libération, ne finissait pas par enfermer la jeune femme derrière les grilles d'une prison : condamnée à une amélioration constante de ses performances, Hélène n'aspirait-elle pas secrètement à couler des jours plus tranquilles ? À vingt-six ans, un âge où l'avenir commence seulement à se dessiner, s'achevait brutalement une vie pleinement assumée, couronnée de lauriers...

Recoller les morceaux épars d'une existence aussi courte, mais d'une rare intensité, ne suffit pas forcément à restituer son unité et sa complexité. La plupart des témoins, proches, parents ou relations, perçoivent le personnage chacun à leur façon, insistant sur la facette qu'ils connaissent le mieux. Les uns évoquent l'enfant dynamique, les autres l'écolière brillante ou la jeune aviatrice douée. En tout cas, Hélène apparaît à tous comme une fille franche et fraîche, volontaire et loyale, une héroïne parfaite en cette époque troublée qui, après la grande boucherie de 1914-1918, oscille entre une aspiration légitime au bonheur et la perspective de plus en plus précise d'un nouveau conflit mondial. Hélène n'a rien d'une embrouilleuse sentimentale, qui tourneboule les sens de ses compagnons, et conserve cependant toute sa sensualité. Elle n'apprécie pas les chemins de traverse, préfère la ligne d...
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