La raison du plus faible
EAN13
9782213636863
ISBN
978-2-213-63686-3
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
DOCUMENTS
Nombre de pages
249
Dimensions
21 x 13 x 0 cm
Poids
312 g
Langue
français
Code dewey
576.801

La raison du plus faible

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première partie?>Dans la nature...?>On va dans les étoileset on ne sait toujours pasce qui se passe sur le talusen face de chez soi...Jean Giono?>CHAPITRE PREMIER?>Le monde fabuleux des bactéries?>Les bactéries ont été les seuls êtres vivants à peupler les océans pendant plus de 2 milliards d'années ; la vie elle-même ayant 3,5 milliards d'années, le temps des bactéries est donc plus long que toute l'histoire de l'évolution biologique qui a suivi. Quant aux continents, ils étaient alors stériles, comme la Lune.L'ADN, un coup de génie?>C'est aux bactéries que revient le mérite du premier grand coup de génie de la vie : l'invention de la molécule d'ADN et du code génétique commun à tous les vivants. Sa présence dans toutes les cellules vivantes, de la plus simple à la plus complexe, témoigne de l'unité profonde du phénomène vivant sur la planète. Pourtant, le mystère persiste de l'origine de cette « invention ». Quand et comment s'est élaboré ce système extraordinairement subtil qui permet à la longue molécule d'ADN de programmer la formation des protéines, ces briques indispensables à la construction et au fonctionnement de quelque être vivant que ce soit ? Les darwiniens de stricte observance considèrent que l'agencement de ces molécules complexes s'est effectué par pur hasard lorsque leurs éléments constitutifs se rencontraient au sein des océans primitifs. Mais les mathématiciens nous apprennent que pour élaborer une structure chimique aussi sophistiquée, il aurait fallu des « milliards de milliards de milliards de milliards » d'associations et de dissociations de molécules, durant de non moins nombreux milliards d'années. Selon Trinh Xuan Thuan1, pour que l'ADN et la vie apparaissent si vite (!), il fallut, dès le big bang, un réglage extrêmement précis de tous les paramètres physiques, une précision qui serait celle d'un archer qui réussirait à planter une flèche dans une « cible d'un centimètre carré placée à 15 milliards d'années lumière de distance » ! Pourtant, la vie a mis un coup au but dès son démarrage en inventant l'ADN avec les bactéries.Les physiciens ne sont pas en reste et se heurtent à un autre mystère. Ils ne parviennent toujours pas à remonter à l'instant précis du big bang. Plus ils s'en rapprochent, plus les lois de la physique se révèlent inopérantes pour réussir le tir au but. Heidegger n'avait donc pas tort de penser que « les origines se cachent sous les commencements ».La découverte des « petites vies »?>Le langage populaire reconnaîtrait aux bactéries d'avoir « fait très fort » en inventant l'ADN, d'autant plus qu'elles sont si petites qu'elles passèrent inaperçues jusqu'à il y a trois siècles à peine. Antoni van Leeuwenhoek, un tranquille maître drapier de Delft, en Hollande, les découvrit sous un microscope de son invention. L'ingénieux drapier n'aurait pas manqué de gagner le concours Lépine pour avoir transformé son simple compte-fils, instrument indispensable dans les métiers du textile, en une loupe plus puissante et plus sophistiquée. Examinant en 1674 une goutte d'eau, il observa une multitude d'animalcules nageurs, mobiles et agités. L'existence de ces êtres microscopiques – ainsi nommés puisqu'ils devaient au microscope d'avoir été découverts – n'avait jamais été imaginée jusque-là. On les définit comme de petits êtres, de « petites vies » que l'on baptisa plus tard « microbes ». Le terme a été proposé par le médecin Claude Sédillot, contemporain de Pasteur, dans une communication du 11 mars 1878 à l'Académie des sciences. Il vient du grec mikrobios, qui signifie « vie petite » ou « vie courte ». Brève, ces vies le sont en effet, puisqu'une bactérie se divise en deux toutes les vingt minutes en moyenne. Ainsi peuvent-elles proliférer, dans un milieu nutritif suffisamment riche, jusqu'à produire un milliard de descendantes en une seule nuit, et un milliard de milliard en vingt-quatre heures. Mais le manque de nourriture finit toujours par stopper l'expansion exponentielle de ces petits êtres.Sans compter que les bactéries, comme tous les êtres vivants, peuvent mourir avant de se diviser ou se reproduire. Le défi est le même pour tous : mourir en bas âge avant de s'être reproduit, ou mourir après avoir laissé une descendance. Sauf que la bactérie, elle, se dissout dans sa descendance, puisqu'elle se divise en deux bactéries qui chacune en donne à nouveau deux, et ainsi de suite. C'est ce qu'on appelle la scissiparité. Cette précipitation à se reproduire est contrebalancée, lorsque les conditions de vie deviennent déplorables, par la capacité de « s'endormir » et de subsister ainsi à l'état de « spore ». Ces spores sont susceptibles d'attendre très longtemps que des conditions favorables à la vie se manifestent à nouveau. Elles reprennent alors leurs divisions. Les spores sont une spectaculaire invention de la vie qui réussit à se mettre ainsi en conserve, ce à quoi rêvent en vain les humains lorsqu'ils s'imaginent en Hibernatus, cryogénisés pour revenir plus tard. Mais dans combien de temps... ?
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