Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

La laveuse de mort, Roman

Roman

Actes Sud

15 mars 2021

destin de femme

L’auteure nous plonge dans la vie d’un petit village du Kurdistan des années 80.

Frmesk a le tort d’être née fille, mais aussi avec une touffe de cheveux blancs : diablerie ou signe d’Allah ?

Les chapitres sur l’enfance de Frmesk alternent avec de courts chapitres dans lesquels nous la retrouvons en 2016 dans une chambre d’un hôpital de Norvège, en attente d’une opération. Elle se lit d’amitié avec une infirmière, Daria, qui lui fait pourtant courir de grands risques.

J’ai été étonnée, pour ne pas dire choquée, par la violence entre femmes qui règne au village : elles s’épient entre elles, cherchent la faute chez l’autre, au lieu de s’entraider face au pouvoir patriarcal.

Mais il faut dire que peu savent lire, et leur vocabulaire semble limité à des insultes.

J’ai aimé la grand-mère de Frmesk, laveuse de mort, qui prépare celle dont personne n’a réclamé le corps.

Le grand-père est zoroastrien, et le regard distancier qu’il porte sur la religion musulmane est le bienvenu.

Un roman plein d’humanité au milieu de tant de noirceur.

L’image que je retiendrai :

Celle du massacre d’Halabja, attaque chimique au gaz, contre cette ville kurde.

https://alexmotamots.fr/la-laveuse-de-mort-sara-omar/

Retour à Martha's Vineyard, Roman
15 mars 2021

disparition, Etats-Unis

Nous suivons tour à tour les pensées de Lincoln et de Teddy sur ce qu’il s’est passé dans leur jeunesse, et lors de ce week-end.

J’ai aimé découvrir ces soixantenaires qui sirotent du bloody-mary, et voir leur trajectoire depuis leurs années de fac où ils ne tournaient qu’à la bière.

J’ai aimé que Jacy soit un mystère jusqu’à ce que Mickey parle à son tour. La tension monte peu à peu, au fur et à mesure des suppositions de Lincoln sur la mort de Jacy, selon les vues de l’ex-policier Coffin qui broie du noir (mais est-elle morte ce fameux week-end ?).

J’ai aimé le voisin qui se promène nu sur sa terrasse, et a un panneau Trump, pour embêter les vacanciers.

Tout de même, j’ai sans cesse eu l’impression d’avoir déjà lu ce roman, au point que je me suis souvenu de ce qui était arrivé à Jacy. Étrange….

J’ai aimé que le professeur Ford rabatte les oreilles de ses élèves avec les causes immédiates et lointaines des guerres, les enjoignant à réfléchir plus profondément. « Les causes immédiates sont séduisantes, disait-il, mais la vérité vraie se cache souvent dans les profondes. » (p.215)

Un roman qui parle de solitude en pleine foule.

Une citation :

Mentir est devenu notre seconde nature. Et la personne à qui on ment le plus, c’est soi-même. (p.307)

L’image que je retiendrai :

Celle de Jacy, fille libre qui ne porte pas de soutien-gorge, ce qui choque les hommes.

https://alexmotamots.fr/retour-a-marthas-vineyard-richard-russo/

Là où chantent les écrevisses
15 mars 2021

Etats-Unis, marais

Je me décide enfin à ouvrir ce roman qui a été plébiscité lors de sa sortie, à juste titre.

Je ne vous écrirai donc pas que le roman raconte l’histoire de Kya, alias La fille des marais. Comment, abandonnée par sa famille, elle réussit à survivre, apprend à lire grâce au jeune Tate, peint de magnifiques aquarelles et devient une autrice naturaliste publiée.

Même si je ne connais rien à l’écosystème des marais, j’ai tout de même aimé les descriptions de la flore et de la faune sauvage qui peuple ce milieu.

J’ai aimé la ténacité de Kya, mais je ne l’ai pas approuvé de sans cesse se cacher.

J’ai trouvé intéressante l’enquête policière à propos de la mort tragique de Chase, le jeune beau prometteur de la ville. Même si le déroulé au tribunal a failli avoir raison de ma patience.

J’ai failli avoir une indigestion de gruau de maïs, seule plat que Kya sait cuisiner enfant.

J’ai aimé le grand héron bleu qui passe ses journées comme une vigie devant la maison de Kya.

J’ai aimé la poétesse Amanda Hamilton que Kya prend plaisir à citer. Un peu de poésie maison dans ces pages.

Un roman riche à plus d’un titre, et bouleversant à la fin.

L’image que je retiendrai :

Celle de la collection de plumes et de coquillages de Kya.

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Les impatientes
15 mars 2021

polygamie

Je ne citerai pas le nombre de prix qu’a reçu ce roman.

C’est l’histoire de 3 femmes liées par le destin : Ramia et Hindou dont sœurs et sont contraintes de se marier le même jour (mais avec un homme différent). Ramia deviendra seconde épouse, Safira étant la première épouse.

Seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu’il est impensable d’aller contre la volonté d’Allah : patience, munyal.

Ce maître-mot est répété à l’envi, même aux hommes.

J’ai été étonné de lire que les hommes également étaient malheureux de la polygamie : tout le monde souhaite être tranquille chez soi. Or, un homme polygame qui rentre chez lui doit régler les conflits et les cris entre ses femmes.

Tout le monde est malheureux dans cette tradition : les femmes mariées contre leur gré ; les co-épouses qui se jalousent pour être la préférée du mari ; les hommes contraint de se soumettre à la tradition.

Tantes et oncles se font fort de répéter Munyal, patience : personne ne se conforme à cette injonction car les situations impossibles mettent tout le monde en colère.

J’ai eu de la peine pour Hindou qui tombe sur le mauvais mari qui le bat, et qui va littéralement la rendre folle, elle qui ne peut plus respirer.

L’histoire d’amour de Ramia, qui lie les 3 vies, m’a moins parlé.

J’ai en revanche aimé le rapport amoureux brisé de Safira, femme forte.

L’image que je retiendrai :

Celle de la cérémonie de mariage, rapide et sans rencontre des époux.

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Un homme
5 mars 2021

vie moderne

Je continue ma découverte dans le désordre de l’oeuvre de Philip Roth. Et je dois dire que j’ai été déroutée par ce roman.

Il y est question des souvenirs d’un homme déjà mort qui raconte, par bribes, ce qu’a été sa vie.

Étrangement, son premier souvenir marquant est celui de son opération d’une hernie étant enfant. Il est alors persuadé que le petit garçon dans le lit à côté du sien est mort pendant la nuit.

Puis, à l’âge adulte, chaque opération marquante donnera lieu à des souvenirs.

On peut dire que le personnage a côtoyé la mort toute sa vie.

Pas mon préféré de l’auteur, mais un roman intéressant sur ce qu’il reste d’une vie quand elle a disparu.

L’image que je retiendrai :

Les quintuples pontages et autres stents n’ont plus de secrets pour moi.

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